Après un début d'année chaotique avec près de 3 semaines d'hospitalisation, je reviens vers vous.

La 4ème cure a commencé le 16 janvier, et le parcours vers l'autogreffe se poursuit.

J'ai terminé le livre d'Eric-Emmanuel SCHMITT "la nuit de feu". Le récit se déroule dans le sahara algérien, vers TAMANRASSET. Au delà de l'observation des lieux, des évènements et des comportements, le livre est consacré à la foi. Les pages 180-181 synthétisent, à mon avis, le sujet : La dernière démarche de la raison, c'est de connaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent. Or la raison n'a guère d'humilité spontanée, il faut qu'on la bouscule... La foi est différente de la preuve. L'une est humaine, l'autre est un don de Dieu. C'est le coeur qui sent Dieu et non la raison... Lors de ma nuit au Sahara, je n'ai rien appris, j'ai cru. Pour évoquer sa foi, l'homme moderne doit se montrer rigoureux. Si on me demande : Dieu existe-t-il ? Je réponds : Je ne sais pas, car, philosophiquement, je demeure agnostique, unique parti tenable avec la seule raison. Cependant, j'ajoute : Je crois que oui. La croyance se distingue radicalement de la science. Je ne les confondrai pas.

Face au questionnement sur l'existence de Dieu se présentent trois types d'individus honnêtes : 

- le croyant qui dit "je ne sais pas mais je crois que oui"

- l'athée qui dit "je ne sais pas mais je crois que non"

- l'indifférent qui dit "je ne sais pas et je m'en moque".

L'escroquerie commence chez celui qui clame : "Je sais ! ". Qu'il affirme : "je sais que Dieu existe" ou "je sais que Dieu n'existe pas", il outrepasse les pouvoirs de la raison, il vire à l'intégrisme, religieux ou athée, prenant le chemin funeste du fanatisme et de ses horizons de mort. Les certitudes ne créent que des cadavres.

Nous avons regardé le film de Gilles VERNET "TOUT S'ACCELERE". Il nous permet d'écouter des jeunes gens de 10-12 ans philosopher sur ce sujet qui remue beaucoup de sentiments en nous. Avons nous fait les bons choix de vie ? Les intervenants adultes sont remarquables, notamment Hartmut ROSA : plus nous devenons efficaces et rapides, moins nous avons de temps. C'est très paradoxal. C'est même le paradoxe majeur de la modernité : où passe le temps que nous gagnons ?